Cour d’appel de Besançon – Audience solennelle du 25 septembre 2026
Marie-Bénédicte Maizy, premier président, a replacé cette audience dans un contexte de rentrée marqué par des attaques contre l’institution judiciaire, dont les dégradations et menaces récemment survenues au tribunal judiciaire de Montbéliard. Elle a rendu hommage à Marie-Christine Tarrare, procureur général jusqu’au 31 juillet 2026, ayant fait valoir ses droits à la retraite. Elle a aussi remercié Claire Martineau, secrétaire générale du parquet général, et François Prélot, avocat général, qui ont assuré la continuité durant l’intérim.
Elle a décrit la dyarchie entre premier président et procureur général comme une synergie, non une simple coexistence pacifique, fondée sur deux regards complémentaires et en a tracé les chantiers communs :
- La déontologie des magistrats ;
- La conciliation entre continuité de l’activité, qualité de l’accueil du justiciable et maîtrise budgétaire ;
- La transformation numérique (Portalis, PPN, IA Justice) ;
- Le service criminel ;
- L’enfance en danger ;
- Les violences conjugales.
Les nouveaux magistrats du siège arrivés sur le ressort :
- Valérie Messer-Pin, présidente de la chambre de l’instruction.
Originaire de Mulhouse, elle a été juge d’instruction à Thionville, substitut à Nice, vice-présidente chargée de l’instruction à Mulhouse, puis conseillère à la cour d’appel de Colmar. Elle était première vice-présidente du tribunal judiciaire de Mulhouse depuis 2022.
- Alina Saleh, conseillère à la chambre de l’instruction et à la chambre de la famille et des mineurs.
Originaire de Besançon, elle a d’abord été juge de l’application des peines dans cette ville, puis vice-présidente chargée des fonctions de juge des libertés et de la détention à Dijon.
- Ariane Lacroix, conseillère chargée du secrétariat général de la première présidence.
Substitut à Avesnes-sur-Helpe, puis conseillère mobilité à la Direction des services judiciaires, elle est notamment référente régionale du déploiement de Portalis et est en charge du suivi du BOP 101 (rattaché au programme budgétaire « Accès au droit et à la justice » du ministère de la Justice).
- Louise Clere et Benjamin Drezet, juges placés auprès de la première présidente.
Issus de la promotion 2024 de l’ENM, ils sont respectivement délégués aux tribunaux judiciaires de Lons-le-Saunier et de Vesoul.
Un nouveau substitut placé auprès du parquet général :
- Alexandre Vial, substitut placé.
Né à Besançon, docteur en droit privé et en sciences criminelles, il a été juriste au conseil départemental d’accès au droit du Doubs, assistant de justice puis juriste assistant à la cour d’appel. Il a enseigné à l’université et a soutenu une thèse sur la thématique de l’intelligence artificielle.
Monsieur l’avocat général a salué l’attachement de tous à Marie-Christine Tarrare, une autorité fondée sur la compétence et l’humilité, attentive à l’harmonisation des politiques pénales de son ressort. Il a ensuite retracé le parcours d’Olivier Caracotch. Substitut à Lons-le-Saunier en 1999, puis substitut placé à Besançon, il a été substitut puis vice-procureur à Nice, procureur de la République à Foix, Troyes et Dijon, et adjoint à la directrice des affaires criminelles et des grâces. Il a souligné son sens de l'innovation, son attachement au travail en équipe, à l'ouverture nécessaire de l'institution judiciaire aux autres institutions de la société.
Revenu dans la salle où il a prêté le serment de magistrat, Olivier Caracotch, nouveau procureur général près la cour d’appel de Besançon, a témoigné sa confiance aux parquets du ressort et a insisté sur la nécessité d’une justice de proximité, attentive aux justiciables et aux réalités du terrain. Il a notamment souligné l’importance de la coopération entre les parquets, les forces de sécurité et les partenaires institutionnels, ainsi que la responsabilité collective de l’institution à préserver la confiance du public. Trois priorités ont ainsi été fixées :
- La lutte contre le narcotrafic, question de souveraineté (627 condamnations l’an dernier en Franche-Comté), avec une attention particulière aux saisies et confiscations ;
- La lutte contre les violences faites aux personnes, question de légitimité (850 condamnations pour violences conjugales), avec un effort constant pour les mineurs victimes ;
- La lutte contre les atteintes à l’environnement, question de pérennité.
Il a appelé de ses vœux une justice accueillante, à l’écoute des usagers et communicante, ouverte à ses partenaires et exemplaire sur le plan déontologique, afin qu’elle demeure perçue comme un bien commun de la Nation.