Architecture

27/02/2019 - mise à jour : 13/11/2025
Verrière cour d'appel de Besançon

En franchissant la grille en fer forgé réalisée en 1861 par le ferronnier Saint-Eve, le visiteur découvre un vaste vestibule du XIXe siècle, baigné de lumière grâce à sa grande verrière. Cet espace, qui servait autrefois de « trage » – une cour intérieure ouverte à la circulation piétonne – se situe à l’arrière de la façade conçue par Hugues Sambin au XVIe siècle.

Ce vestibule monumental donne accès, au niveau inférieur, à plusieurs salles transformées à la fin du XIXe siècle par l’architecte Ducat et ses successeurs. Un imposant escalier à double révolution, aux volées divergentes, mène à une galerie à l’étage dont le garde-corps à balustres et les arcades reflètent l’élégance architecturale des années 1895-1898.

Le programme architectural des palais de justice, esquissé dès la fin du XVIIIe siècle, prend toute son ampleur au cours du XIXe siècle. L’ambition est alors d’exprimer par l’architecture la solennité de l’ordre judiciaire et la force du droit. La recherche de monumentalité conduit naturellement à emprunter les codes du temple grec, symbole d’équilibre, d’universalité et de permanence.

Dès l’après-Révolution, le modèle du temple antique s’impose comme l’image d’une Justice universelle. À Besançon, les agrandissements et remaniements du XVIIIe siècle intègrent déjà des éléments « antiquants » tels que les ordres ioniques et toscans, les frontons, pilastres et colonnes, hérités de la Renaissance. Cette filiation stylistique se poursuit dans les interventions modernes : en 1996, les architectes Henri et Bruno Gaudin ont conçu une nouvelle façade inspirée des temples grecs, réaffirmant le lien entre tradition et modernité.

Le palais de justice de Besançon illustre ainsi un dialogue harmonieux entre différentes époques. Il conjugue les réminiscences de l’Antiquité redécouvertes à la Renaissance, la rigueur monumentale du XIXe siècle et la sobriété contemporaine de la fin du XXe siècle. L’architecte Ducat, en particulier, a su préserver les lignes imposantes tracées par Hugues Sambin tout en renforçant l’expression d’autorité, de prestige et de respect que la Justice inspire.

Façade cour d'appel
Verrière cour d'appel
Salle du Parlement
Audience solennelle
Salle Stendhal
Salle Stendhal
Façade cour d'appel
Verrière cour d'appel
Salle du Parlement
Audience solennelle
Salle Stendhal
Salle Stendhal