Audience solennelle de rentrée de la cour d’appel de Montpellier
Une assemblée nombreuse, constituée des élus, des autorités locales et des responsables des juridictions et des différents services de l’Etat, est venue assister, ce vendredi 30 janvier 2026, à l’audience solennelle de rentrée de la cour d’appel de Montpellier.
Une assemblée nombreuse, constituée des élus, des autorités locales et des responsables des juridictions et des différents services de l’Etat, est venue assister, ce vendredi 30 janvier 2026, à l’audience solennelle de rentrée de la cour d’appel de Montpellier.
Un an après sa prise de fonctions, le premier président, Jean-Michel Etcheverry, a tracé le bilan des actions entreprises au cours de l’année écoulée. Il a surtout, avec gravité, interpellé l’auditoire sur l’urgence qu’il y a à préserver l’Etat de droit. Dans un contexte de défiance à l’égard des institutions, notamment à l’égard de la justice, le premier président s’est inquiété des relents autoritaires qui, peu à peu, envahissent le débat public et en a appelé à un sursaut collectif pour sauvegarder le vivre ensemble. Il a aussi dénoncé les attaques portées à l’encontre des magistrats par ceux dont « la voix porte » et dont les propos ruinent les fondements de la démocratie et de la paix sociale.
« Dans un air ambiant devenu irrespirable à bien des égards, nous sommes parvenus à ce moment de bascule où ce qui était impensable devient possible »
Jean-Michel Etcheverry, premier président de la cour d’appel de Montpellier
Après avoir rappelé l’effort budgétaire sans précédent consenti par le Parlement et mis en œuvre par le ministère de la justice, le premier président a aussi fait valoir que, sans moyens supplémentaires, la cour d’appel de Montpellier ne parviendrait pas à rétablir l’état de ses stocks et ses délais de jugement à un niveau acceptable pour les justiciables.
Enfin, il a dressé plusieurs perspectives pour l’année 2026, parmi lesquelles son souhait de renforcer encore la continuité entre les juridictions de première instance et la cour d’appel, de travailler à l’harmonisation et à la valorisation des décisions rendues, de promouvoir l’auto-évaluation des juridictions et d’ouvrir les juridictions aux citoyens. En conclusion, Jean-Michel Etcheverry a appelé les magistrats du ressort à porter fièrement les valeurs dont ils sont les dépositaires.
« Il y aurait une forme d’hémiplégie si les magistrats ne portaient pas les valeurs qui sont les leurs dans l’espace public et réservaient leurs convictions à leur office juridictionnel »
« C’est dans ce lien patiemment entretenu avec les français que nous puiserons notre légitimité à juger en leur nom »
Jean-Michel Etcheverry, premier président de la cour d’appel de Montpellier
Pour consulter l’intégralité du discours du premier président, en cliquant ICI
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Dans ses réquisitions, le procureur général, Jean-Marie Beney a insisté sur l’état des stocks en matière correctionnelle qui, malgré les efforts accomplis par les magistrats et les greffiers de la cour, demeurent à un niveau élevé et a appelé tous les acteurs de la chaîne pénale à s’emparer, en appel, de la procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité pour mieux « avancer sur le chemin de la justice pénale négociée ». Le procureur général a rappelé que derrière les statistiques se trouvaient, dans chaque dossier, des victimes et des mis en cause en attente de jugement.
« L’humain doit toujours rester notre préoccupation essentielle, une sorte d’étoile polaire judiciaire ».
Jean-Marie Beney, procureur général près la cour d’appel de Montpellier
« A l’aune de près de quarante années de réquisitions devant les juridictions criminelles françaises », le procureur général a appelé de ses vœux une profonde réforme de la procédure en matière criminelle tant en phase de jugement qu’au stade de l’instruction. Il a aussi formulé l’espoir que l’année 2026 puisse être celle de la réforme, attendue depuis plusieurs années, du statut du ministère public.
Après avoir dégagé ses priorités en matière notamment de lutte contre les trafics de stupéfiants, « la mère des batailles », Jean-Marie Beney, dont c’était la dernière audience de rentrée à la tête du parquet général de Montpellier, a évoqué avec beaucoup d’émotion sa « traversée de presque un demi-siècle de l’histoire judiciaire ».
« Je quitterai le service actif, quarante-six ans exactement après mon entrée à l’Ecole nationale de la magistrature le 1er juillet 1980. Dans la série des « dernières », cette audience solennelle en qualité de procureur général est « ma » 19ème, sans désemparer, depuis janvier 2008, quelques mois après mon arrivée à la tête du parquet général de Dijon en juin 2007. J’étais alors le plus jeune procureur général de France, aujourd’hui je suis le double doyen (d’âge et d’ancienneté) des procureurs généraux et des chefs de cour d’appel ».
Jean-Marie Beney, procureur général près la cour d’appel de Montpellier
Pour consulter l’intégralité des réquisitions du procureur général, cliquer ICI.




